
Annecy, perle des Alpes, défie les saisons : votre séjour familial sera-t-il une réussite ?
La première fois que j’ai posé les valises à Annecy, c’était en août, persuadée que c’était la seule saison qui valait le détour. J’avais tort. Il m’a fallu deux autres séjours, un en automne, un en hiver avec les enfants, pour l’admettre : Annecy se visite toute l’année, à condition de préparer son séjour en conséquence. Un mot pratique avant de commencer : l’hôtel où j’ai dormi lors de mon dernier passage est à retrouver ici, si l’envie vous prend de tenter l’expérience.
Un lac qui change de visage à chaque saison
Ce qui frappe d’abord, c’est la clarté de l’eau. Ce n’est pas qu’une impression : selon le Syndicat Mixte du Lac d’Annecy (SILA), organisme public qui gère et surveille le lac depuis 1966, il s’agit de l’un des lacs les plus purs d’Europe en contexte urbanisé, au point d’alimenter en eau potable plus de 150 000 habitants du bassin de vie.
L’été, on s’y baigne et on y sort le paddle. L’automne pose les couleurs des montagnes sur une eau presque immobile. L’hiver, la Vieille Ville et ses canaux se vident de la foule estivale et deviennent nettement plus agréables à parcourir. Trois séjours, trois villes différentes.
Ce qui change tout dans l’organisation
Ne pas tout miser sur le lac, déjà. La Vieille Ville, ses canaux et ses arcades se visitent aussi bien sous la pluie que sous le soleil, et ça sauve un week-end mal parti côté météo.
Ensuite, viser un hébergement flexible plutôt qu’un logement pensé pour le seul mois d’août : un vrai chauffage, un accès facile en voiture. C’est ce que je cherchais en réservant l’adresse citée plus haut, un point de chute qui tient la route autant pour un week-end de juillet que pour les vacances de la Toussaint.
Enfin, j’évite le cœur de l’été quand mon calendrier le permet. Le rythme du séjour n’a plus rien à voir, surtout avec des enfants qui ne tiennent pas dix minutes dans une file d’attente.
Le tour du lac : 30 km de voie verte, 42 km à pied

C’est l’activité qui revient à chacun de mes séjours, et celle sur laquelle on se trompe le plus souvent. La voie verte gérée par le SILA court sur 30 km le long de la rive ouest, de Sevrier au Val de Chaise, avec un prolongement qui pousse jusqu’à Albertville. Revêtement lisse, largeur portée à 5 mètres en moyenne lors des travaux d’élargissement, barrières de protection aux intersections et trois passages souterrains : c’est ce qui la rend praticable avec des enfants sans avoir le cœur au bord des lèvres à chaque croisement.
La rive est fonctionne différemment. La véloroute d’Annecy-le-Vieux à Doussard a été construite par tronçons entre 2010 et 2022, et le SILA en gère la portion allant de Veyrier-du-Lac à Talloires-Montmin depuis 2024. Le circuit piéton, lui, fait 42 km au total, dont 30 km revêtus, 12 km en naturel et une dizaine de kilomètres accessibles aux personnes à mobilité réduite.
Mon conseil après plusieurs essais : ne visez pas le tour complet avec des enfants. Faites l’aller Annecy, Sevrier, Saint-Jorioz, à peu près 10 km, et rentrez en bateau. Vous gardez le plaisir, vous évitez la crise de la vingtième borne. C’est le réflexe que j’avais déjà adopté pour notre voyage à vélo en Bourgogne : découper l’itinéraire plutôt qu’enchaîner les étapes.
Le Semnoz, la montagne à vingt minutes

C’est le vrai atout d’Annecy hors saison, et celui qu’on oublie systématiquement dans les guides. La station du Semnoz culmine à 1 700 mètres, dans le parc naturel régional du Massif des Bauges, à 20 minutes de voiture du centre-ville. Vingt minutes. On quitte les canaux après le petit-déjeuner et on est dans la neige avant 10 h.
L’hiver, la station aligne 15 km de pistes de ski alpin et 35 km de ski de fond, plus des itinéraires raquettes et un snowpark, avec de la location sur place. On n’est pas dans une grande station des Alpes, et c’est précisément l’intérêt : les tarifs et l’affluence restent raisonnables pour une première journée de ski avec des débutants. Si c’est votre première sortie sur les skis, tout ce que j’ai listé pour bien préparer un séjour au ski s’applique tel quel ici.
L’été, le Semnoz bascule sur la luge d’été, la trottinette tout-terrain, le VTT, le biathlon laser et des parcours d’orientation. C’est aussi la solution des jours de canicule, quand les plages du lac saturent et que les 1 700 mètres font gagner plusieurs degrés.

En famille, sans se compliquer la vie
Les bateaux sur le lac plaisent autant en hiver, bien couverts, qu’en terrasse au mois d’août, et ils dépannent quand les jambes ne suivent plus. Restent les jours de pluie. Les ruelles couvertes de la Vieille Ville, les glaciers ouverts toute l’année et les boutiques occupent une matinée entière, sans presser le pas.
Un détail qui compte quand on voyage avec des enfants : à Annecy, presque tout se fait à pied depuis le centre. Les distances sont courtes, on ne passe pas ses journées en voiture, et on peut remonter à l’hôtel pour une sieste en milieu d’après-midi sans sacrifier la journée.
Y aller, et une fois sur place
Annecy est desservie en TGV direct depuis Paris, et par des TER depuis Lyon, Valence, Grenoble, Chambéry et Chamonix. La gare SNCF est en plein centre, avec location de vélos, bus urbains et liaisons vers les communes du bord du lac : arriver sans voiture est une option sérieuse, surtout hors saison.
En voiture, l’A41 dessert la ville par la sortie n°16 Annecy Centre depuis Lyon et Chambéry, et par la sortie n°17 Annecy Nord depuis Paris, Genève ou Chamonix. Côté distances : Genève à 42 km, Chambéry à 52 km, Lyon à 146 km, Paris à 561 km. Pour l’avion, l’aéroport de Genève est à 50 km avec des liaisons en train et en bus, celui de Lyon-Saint-Exupéry à 125 km.
Le stationnement en centre-ville est le point noir de juillet-août. C’est aussi la raison pour laquelle je regarde toujours si un hébergement propose un parking avant de réserver, quitte à dormir un peu à l’écart des canaux. Et si vous arrivez de loin en voiture, mes repères pour voyager confortablement en voiture avec des enfants valent aussi pour les 561 km depuis Paris.
Quelle saison choisir
| Saison | Ce qu’on y fait | Affluence | Le point de vigilance |
|---|---|---|---|
| Été (juillet-août) | Baignade, paddle, voie verte, bateaux, plages | Très forte | Stationnement saturé, files d’attente, hébergements chers et réservés tôt |
| Automne (septembre-novembre) | Vélo sur la voie verte, randonnée au Semnoz, Vieille Ville | Modérée | Journées qui raccourcissent vite, prévoir des activités couvertes |
| Hiver (décembre-mars) | Ski alpin et fond au Semnoz, raquettes, canaux et marchés | Faible en ville | Vérifier le chauffage du logement et l’accès voiture à la station |
| Printemps (avril-juin) | Premières sorties vélo, terrasses, montagne encore enneigée en altitude | Croissante | Météo instable, eau du lac encore froide pour la baignade |
L’hôtel fait plus que dépanner
Mes séjours successifs m’ont appris une chose : l’hôtel décide de la qualité du reste. Un hébergement pratique, ni trop excentré ni trop cher, laisse la liberté d’improviser une balade au bord de l’eau un matin ensoleillé, ou de se réfugier dans un musée un après-midi pluvieux. Quand la base est mauvaise, on passe son séjour à optimiser des trajets.
Si vous hésitez encore à venir hors saison, allez-y. L’Annecy de novembre vaut celle de juillet.
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